Service extérieur :


ADMISSION :

Pour qu'un travail puisse se mettre en place dans ce cadre générique, nous devons partir de l'accueil d'une demande singulière et donc faire au cas par cas. Ceci au départ, au cours de l'accompagnement et jusqu'à sa fin.

Le dispositif d'accueil des demandes sur le service extérieur se déroule de la façon suivante :
- Les demandes d'accueil sont reçues et traitées par le directeur. Il les évalue après avoir rencontré le jeune.
- Sur un plan administratif (possibilité de prise en charge)
- Sur un plan technique (faisabilité d'un travail éducatif en rapport avec la problématique du jeune, la mission et les moyens techniques du service).

Si l'évaluation est positive le jeune est invité à prendre contact avec l'éducateur du service pour convenir d'un rendez-vous ; cette personne sera le référent.
Nous accordons une place prépondérante à cet entretien que nous appelons accueil de la demande.

Entretien d'accueil :

Cet entretien vise à repérer trois éléments :

- qu'est ce qui amène le jeune à venir nous rencontrer ? (son histoire)
- qu'est ce qu'il attend de ce service ? (sa demande)


-
les possibilités de prise en compte de ses attentes en fonction des moyens du service ?

 
Cet entretien doit permettre qu'une rencontre ait lieu. Il doit viser pour la personne en difficulté, en souffrance, la constitution d'une adresse, à savoir qu'elle puisse trouver un lieu et une personne à qui parler, un éducateur disponible et réceptif à ce que vient déposer à cet endroit, à son endroit le jeune.
Nous devons laisser la possibilité qu'une demande s'entende et évaluer notre aptitude à la prendre en compte.

Nous avons bien dit qu'une demande s'entende, cela ne veut pas dire qu'elle s'énonce et se formule clairement. Elle s'entend, et c'est là l'essentiel "que nous l'entendions !". Si ce n'est le cas, pouvoir parier que la possibilité existe de la faire émerger compte tenu du cadre et des moyens qui sont les nôtres.

Dans ce premier temps, nous partons d'une position de non savoir sur cette personne que nous avons en face (donc pas de dossiers) ; nous lui donnons la parole et lui demandons de nous dire ce qui l'emmène là.

Cette procédure favorise l'expression du jeune dans sa demande, ce qui constitue d'emblée un premier acte d'autonomie et de responsabilisation.

Très souvent lorsqu'une personne se présente, elle met en avant une détresse matérielle.
Cette demande n'est pas suffisante, pour permettre un accueil sur le service extérieur ; pourtant nous devons la prendre en compte et bien souvent partir de cette situation de détresse matérielle pour questionner le pourquoi, le comment elle en est arrivée là.

Nous faisons donc avec ce que la personne nous dit dans ce temps là ; nous essayons de repérer si des questions apparaissent pour elle, si ce qui se passe, ce qui ne vas pas se pose comme énigme ?
Il faut donc qu'un désir d'en savoir quelque chose existe. Le fait d'accepter d'en dire quelque chose, de mettre en mots est essentiel, la verbalisation est signe que la personne inscrit et accepte une perte.
En ne se précipitant pas à répondre par des objets censés venu combler le besoin, réclamés comme nécessaires, cela peut permettre que la demande se décale et que la personne s'interroge sur ce qu'elle vient chercher si donc, au cours de cet entretien, une rencontre a eu lieu, une demande d'aide a été énoncée et entendue, l'accueil et l'accompagnement éducatif est envisageable. C'est souvent dans ce premier temps, qu'un " accrochage " se produit entre le jeune et nous.
Nous insistons sur le fait que la qualité, les exigences demandées lors de ce premier entretien est fondamental. Il conditionne la suite.

Une décision sera prise en réunion de service où chacun aura à dire les repères qui fondent sa réponse.

Contrat d'accueil :

L'entrée dans le service est contractualisé par une rencontre qui rassemble le jeune, l'éducateur référent et le directeur.
Là, sont précisées les règles du service ainsi que les modalités du contrat engagé et les responsabilités de chacun à savoir :
- le respect du lieu d'hébergement mis à sa disposition
- les rencontres régulières avec l'éducateur référent.
- Les bilans, les évaluations qui ponctuent le suivi éducatif et formalisent les demandes de renouvellement ou fin de mesure.

PROJET

Population : Comme défini dans l'autorisation d'ouverture, adolescents de moins de vingt et un an, en danger physique ou moral (art. 375 à 375.8 du code civil), placés par décision de justice PJJ ou dans le cadre d'un mandat administratif (A.S.E).

Jeunes filles et garçons en difficultés personnelles s'exprimant sur un terrain social, familial, professionnel avec une possibilité d'accepter un différé de réponse qui permet de fonctionner en référence à un adulte et pas forcément en présence permanente de celui-ci.

Hypothèse de travail :

L'être humain dispose de potentialités qui lui permettent de passer d'objet de son destin à acteur de son histoire, de son devenir.
Prendre appui sur ce qu'énonce le jeune de ses difficultés, de sa souffrance ;
Prendre appui sur son désir d'y changer quelque chose ; l'accompagner dans l'élaboration et le vécu de situations d'autonomie permet de l'amener à faire des choix, et de s'assumer.

But :

Permettre dans le cadre d'une rencontre "relation" éducative basée sur la confiance, le respect, une modification de la situation d'échec, de marginalisation, de rupture dans laquelle le jeune s'est enlisé afin qu'il se projette dans un avenir socialisé et mette en place un projet viable.

Objectifs :

Expérimenter le vécu en hébergement individuel et faire l'apprentissage de la responsabilité et de l'autonomie.
Élaborer et mettre en place un projet social et professionnel.
Repérer, cerner les difficultés dans le vécu de ces situations et les mettre en mots afin de pouvoir les affronter et trouver ses propres solutions.

C'est donc à partir de cet entretien qu'un engagement de part et d'autre prend racine et servira de point d'appui tout au long du suivi, du soutien de l'accompagnement éducatif.

L'accompagnement éducatif :

- L'hébergement :

Le mode d'hébergement s'évalue au cas par cas, il peut varier en cours de suivi.
  • appartements loués par l'institution : Le choix de ces appartements prend en compte l'environnement (hors quartiers difficiles, proximité des commerces et des transports.)
  • appartement loué par le jeune
  • foyer jeune travailleur...

Le choix de ce type d'hébergement permet aux jeunes accueillis de se confronter à une réalité sociale et à un quotidien ordinaire mais inconnu.
Il produit un effet de rupture où le marquage institutionnel s'efface au profit du jeune " désencombré " de son identité de " cas social " ou de " délinquant ".
Le jeune expérimente le vécu d'une vie en hébergement individuel où il est de fait en situation de responsabilité avec le soutien de l'adulte référent.

- Allocation individuelle mensuelle :

Chaque jeune se voit attribuer un budget en fonction de ses revenus. La base de ce budget correspond sensiblement à " l"allocation jeune majeur " versée par la D.S.D. Ce budget doit impérativement être un " budget vérité ". Il faut entendre par là, que toutes les aides auxquelles le jeune peut avoir droit, tous ses revenus doivent être déduits des sommes attribuées.

Le jeune est responsable de la gestion de ce budget, un travail avec l'éducateur référent peut se faire en fonction des difficultés rencontrées.

- Projet individuel personnalisé :

Nous aidons le jeune à élaborer et à mettre en place un projet scolaire et/ou professionnel. L'objectif n'est pas l'insertion à tout prix, la mise en place d'un projet, le vécu de celui-ci, la confrontation avec d'autres personnes et d'autres lieux servent d'outils et d'espaces de médiation. Il permet de travailler le lien social que le jeune peut tisser dans ces différents lieux et ainsi mesurer ses capacités et difficultés de socialisation. Un tel cadre éducatif n'est concevable que parce qu'il est articulé avec l'ensemble du dispositif local se préoccupant de la prise en compte des jeunes en difficultés (CRIJ, CIO, ANPE, missions locales, CAF) etc...

- L'entretien éducatif :

L'entretien comme dispositif de parole est fondamental. Parler donne les moyens de s'interroger, de dire les choses mais aussi de s'entendre les dire.

C'est le lieu où le jeune peut s'éprouver comme sujet de sa propre histoire. Il lui est donc proposé de venir régulièrement parler de son vécu, verbaliser ce qui dans la confrontation à la réalité fait souffrance et difficultés, mais aussi révèlent " Les potentialités " qui peuvent lui permettre d'élaborer ses propres solutions.

Le travail éducatif vise à permettre un questionnement sur ce qui lui arrive et donc à offrir la possibilité d'une dialectisation, d'un travail de rectification subjective, (perte de jouissance, perte de maîtrise du manque à être).

L'entretien se passe la plupart du temps sur le service, le rythme s'évalue au cas par cas.

- Accompagnement et soutien dans le quotidien :

Dans le cadre de l'accompagnement, nous pouvons également aller rencontrer le jeune chez lui, partager avec lui des moments de vie quotidienne et/ou de loisirs. (repas, ciné, courses, restaurant etc...)

Ce travail d'accompagnement ne peut s'effectuer que si dans cette rencontre, on introduit de l'humain. Qu'une relation de confiance s'instaure et qu'elle permette au jeune de sortir de son identité de personne à problèmes.
De plus, notre rôle n'est pas de faire à leur place mais impulser le désir de faire. Revaloriser le jeune pour qu'il devienne "acteur ".

- L'équipe :

L'équipe est composée :
- 2 éducateurs spécialisés
- 1 directeur
- 1 comptable
- 1 secrétaire

Les différentes instances :

- La réunion de fonctionnement :

En présence du directeur et de l'équipe éducative du service, toutes les semaines, la réunion de fonctionnement fait le point sur les avancées des projets individualisés des jeunes mais aussi sur l'organisation et le fonctionnement du service. Elle est un lieu de référence professionnelle et institutionnelle.

- Les synthèses :

Elles ont lieu tous les quinze jours.
La synthèse est un moment privilégié qui permet de se questionner et de repérer les points de butée et d'avancées du jeune depuis son arrivée, afin d'affirmer et d'ajuster les pistes de travail de l'accompagnement éducatif.

- La supervision :

Tous les quinze jours, cette instance animée par un psychanalyste permet aux éducateurs de repérer et évaluer les incidences de leur implication personnelle dans le travail éducatif, de se décaler de la prise en charge afin de mieux comprendre ce qui se passe pour eux et pour le jeune.

Ces temps d'échanges professionnels facilitent l'élaboration des pistes de travail qui participent ainsi à la construction d'un savoir sur leur pratique.